01 Sep Infrabel : « Faire du rail l’épine dorsale de la mobilité durable »
Infrabel, gestionnaire de l’infrastructure et du trafic ferroviaire belge, est bien plus qu’un opérateur technique. Derrière ses milliers de kilomètres de voies ferrées et ses chantiers visibles aux quatre coins du pays, l’entreprise publique autonome assume un rôle central dans la transition écologique et énergétique. Avec 1500 GWh d’électricité transitant chaque année sur son réseau — l’équivalent de la consommation de 500 000 ménages — et une politique volontariste en matière de mobilité durable, Infrabel se positionne comme un acteur stratégique du paysage belge.
« Notre mission va au-delà de la gestion des rails », souligne l’entreprise. « Nous voulons être l’épine dorsale de la mobilité de demain, en facilitant le transfert modal et en réduisant l’empreinte environnementale des transports ».
Plus qu’un gestionnaire d’infrastructure
Si Infrabel est connue du grand public pour son rôle de garant de la sécurité et de la fluidité du trafic ferroviaire, son champ d’action est bien plus large. L’entreprise exploite un réseau national de moyenne et basse tension unique en Belgique et produit elle-même localement son énergie grâce à son foncier et à son expertise technique. Tout récemment, un parc photovoltaïque de 3 800 panneaux a été inauguré le long de la ligne à grande vitesse entre Liège et Louvain.
L’exploitation de l’infrastructure ferroviaire permet d’atténuer les externalités environnementales négatives du secteur des transports. « En exploitant nos infrastructures, nous contribuons à réduire les émissions de gaz à effet de serre et de particules fines et à limiter l’impact sur la biodiversité », souligne l’entreprise.
Des priorités claires et affirmées : climat, biodiversité et inclusion
La durabilité est au cœur des priorités actuelles d’Infrabel, qui déploie ses efforts dans la lutte contre le dérèglement climatique à deux niveaux : la réduction de ses propres émissions de CO₂ et l’adaptation du réseau aux conséquences déjà tangibles du réchauffement, comme les fortes pluies ou les vagues de chaleur. La préservation de la biodiversité figure également parmi les axes forts, avec des projets de gestion écologique le long des voies ferrées.
Mais la durabilité ne s’arrête pas à l’environnement. Sur le plan social, Infrabel mène une politique inclusive depuis de nombreuses années. « Nous mettons tout en œuvre pour faire de la diversité et de l’inclusion une réalité, avec une attention particulière pour l’égalité des genres, le multiculturalisme, la communauté LGBTQIA+ et les compétences différentes ». Avec quelque 10.000 collaborateurs, Infrabel compte parmi les plus grands employeurs du pays. C’est ce potentiel humain qui fait la différence en contribuant, au jour le jour, au développement d’une mobilité plus sûre, plus innovante et plus durable
Un cap affirmé pour la transition énergétique
En 2025, l’entreprise a défini quatre axes structurants pour son action dans la transition énergétique : l’augmentation de sa production d’électricité renouvelable, l’optimisation de l’achat d’électricité pour le secteur ferroviaire en renforçant la transparence sur les profils de consommation, l’analyse de l’intégration de batteries dans son infrastructure électrique, et enfin la meilleure valorisation de ses installations dans le cadre plus large de la transition énergétique nationale.
L’échelle de performance CO₂ : une mesure pionnière
L’une des nouveautés les plus marquantes de cette rentrée est l’introduction de l’échelle de performance CO₂ dans les marchés publics d’Infrabel, à partir du 1er septembre 2025. Concrètement, pour tous les travaux dépassant 1,08 million d’euros et d’une durée d’au moins huit mois, les entreprises devront proposer un niveau d’ambition si elles souhaitent profiter de la réduction fictive associée au principe de l’échelle, et se certifier si elles obtiennent un marché pour lequel elles se sont engagées sur l’échelle.
« C’est un système éprouvé aux Pays-Bas, qui permet de certifier de manière indépendante l’ambition environnementale des entreprises. Nous voulons donner un signal fort : la réduction des émissions est une priorité, et elle doit être partagée par tous nos partenaires et sous-traitants », affirme-t-on chez Infrabel.
Le mécanisme repose sur un principe simple : plus le niveau de certification est élevé, plus l’entreprise bénéficie d’une réduction fictive de son prix lors de l’évaluation des offres. Cette réduction va de 2 % pour le niveau 1 à 6 % pour les niveaux 3 à 5. En contrepartie, si l’entreprise n’atteint pas le niveau de certification annoncé, des pénalités équivalentes sont appliquées.
Des résultats déjà visibles
Une phase pilote, menée en 2024 et 2025, a permis de tester cette échelle de performance CO2. « Les résultats sont encourageants. La majorité des entreprises ont déposé des offres compétitives avec un niveau d’ambition significatif, au moins de niveau 3 », explique un membre du projet.
Les premiers effets chiffrés sont sans équivoque : une diminution moyenne de 5 % des émissions de CO₂ dès la première année de certification. « Au-delà des chiffres, ce qui compte, c’est que le secteur progresse dans sa maturité environnementale. Les entreprises échangent leurs bonnes pratiques, et cela tire tout le monde vers le haut », se réjouit-on dans les rangs d’Infrabel.
Une ambition collective
L’approche pourrait bien inspirer d’autres maîtres d’ouvrage publics en Belgique. Infrabel participe déjà au comité piloté par BENOR, qui rassemble différents acteurs du marché. « Nous partagerons notre expérience en toute transparence. Nous serons contents si celle-ci permet d’inspirer d’autres pouvoirs adjudicataires et d’ainsi contribuer à une dynamique nationale ».
Et la suite ? L’entreprise ne fixe pas pour l’instant de niveau obligatoire sur l’échelle, mais récompense les ambitions les plus hautes. Elle envisage toutefois d’augmenter la réduction fictive à l’avenir, pour encourager encore davantage les certifications de niveau élevé. « Nous voulons avancer, mais avancer ensemble, avec nos partenaires et sous-traitants », résume Infrabel.
Le rail au cœur du futur
Avec ces initiatives, Infrabel confirme son rôle de pilier dans la mobilité et la durabilité. Ses rails relient les villes et les régions, mais aussi les grands hubs industriels et logistiques du pays. Ils constituent une véritable colonne vertébrale économique et sociale.
Entre ambition environnementale, responsabilité sociétale et innovation technique, Infrabel s’impose comme un acteur clé de la transition. Le chemin est encore long, mais les rails sont déjà posés pour une mobilité plus durable.



